LE SEUL ÉCRIVAIN NON-VOYANT AU MONDE, SIDY BOUYA MBAYE PUBLIE SON DEUXIÈME ROMAN « LA LONGUE NUIT »

C’est dans l’infini de sa nuit, loin d’être une fatalité pour notre illustre écrivain, que Sidy Bouya Mbaye s’est saisi de sa plume pour retracer l’histoire d’un brillant homme que la méningite emportera la vue au fleur de la vie.

Sidy Bouya Mbaye, reste un écrivain pas comme les autres. En 1990, il perd la vue, ce qui ne l’empêche pas de nous éclairer sur le devenir de l’être humain. Il vient de publier son deuxième roman, fruit d’une réflexion exigeante sur « la nuit » insondable, au terme de laquelle l’auteur parvient à d’autant mieux intégrer son handicap qu’il accède par ce biais à un monde supérieur spirituel qui s’interdit aux voyants étrangement frappés de cécité.

Intitulé « La longue nuit », ce roman de 177 pages, publié aux éditions L’Harmattan, n’est pourtant « pas totalement autobiographique mais c’est vrai que mon histoire est un prétexte pour parler de la nuit », qui a toujours fait peur et intrigué les hommes, explique M. Mbaye.

« Le non voyant se conforme avec la nuit et il est la nuit », le Philosophe Mamoussé Diagne venu prendre part à la cérémonie de dédicace de ce roman, convoquant naturellement le mythe d’Œdipe, du nom de ce héros de la tragédie grecque qui a préféré se crever les yeux responsables de toutes ses misères.

Le nouveau roman de Sidy Bouya Mbaye  se nourrit par ailleurs d’une réflexion générale sur la situation des handicapés, lesquels « ne sont bons que pour la charité » aux yeux de la société. De cette manière, l’auteur décrit d’autant mieux le processus par lequel passe le personnage principal, un non-voyant qui « essaie de se reconstruire après une déconstruction » fondamentale.

Moutoufa, qui fait étrangement penser à Sidy Bouya Mbaye lui-même, va travailler, voyager, histoire de ne jamais baisser les bras, « parce que Dieu donne toujours quelque chose qui permet de se réaliser, même si c’est extrêmement difficile » au Sénégal en particulier.

« Il va essayer de tout faire » et s’engage même en politique, sachant que les rapports au quotidien confinent plutôt les handicapés dans la mendicité. L’âme « a faim » et est dans un besoin de foi et de « nourriture » en Occident comme en Afrique, puisque « la pensée a des limites, même la science a des limites, donc l’homme doit se reconstituer », c’est-à-dire replonger au plus profond de son essence pour se retrouver et vivre en paix.

3 Comments

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